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Contes
- pour les Petits zé Grands -

Contes poétiques pour les petites bouilles de Crapouilles

"des contes à foison, avec un brun de poésie et d'imaginaire, c'est de la lecture passion, avec des frissons... c'est tout mignon mais à la fin, c'est la raison qui l'emporte alors il est grand temps que nous commencions, il était une fois ..."
Ratatouille de contes pour z'enfants 
le premier recueil de contes intégrant tous les contes & contes poétiques de Cyril Suquet
Pour le lire ou le télécharger, cliquer sur Ratatouille (38 pages au format word)
4 contes poétiques tirés du recueil de Cyril Suquet "Entre ciel et terre" - Mars 1998 ©
Pour le lire directement sur ce site, cliquer sur le titre Pour le télécharger, cliquer sur PdF
Le renard, la sorcière et la fourmi Le renard en PdF
Pivert et le ver de terre Pivert en PdF
L'escargot Oscar Oscar en PdF
Jacquot le perroquet Jacquot en PdF
La grenouille et le chasseur La grenouille en PdF
1 conte poétique tiré du recueil de Cyril Suquet "Arc en ciel" - 1997 ©

Le petit train d'Europe La rentrée des cartables
Pivert et le ver de terre


Lire les autres Contes de Noël de Cyril SUQUET
Découvrir les Comptines, et les poèmes pour les tout petits, et pour les plus grands
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Le renard, la sorcière et la fourmi
Face à face
Nez à nez,
Les yeux dans les yeux,
Le renard et la sorcière s'épient.
A la suite d'un pénible hiver,
Glacial et bien avare,
Se sont accumulées misère
Et détresse comme dans un cauchemar.
La sorcière est amère,
Le renard est blafard.
A la croisée des chemins,
Bien loin de toute vie humaine,
Le renard et la sorcière ont eu grand peine
A affronter les lendemains.
A la croisée de leurs destins,
Renard et sorcière,
Sorcière et renard
Préparent joyeusement le festin.
Un trésor, oublié au fin fond de la vallée
Les attend depuis belle lurette.
L'un et l'autre préparent leur musette,
L'un et l'autre veulent l'avaler.
Face à face,
Nez à nez,
Les yeux dans les yeux,
Le renard et la sorcière pestent.
Ils attendent depuis des cieux,
Guettent le moindre geste,
Et commencent à fulminer.
La sorcière craint la ruse,
Le renard a peur d'un coup de balai.
Durant des jours,
Le renard a mené la danse,
La sorcière a transformé ses apparences.
Durant des nuits,
La sorcière a agité son tapis,
Le renard a surveillé avec tant de dépit.
Un beau matin,
Tous deux endormis,
Et épuisés par ces nuits sans fin
Ne virent pas le beau butin
Être dérobé par une fourmi,
Venue de bien loin d'un pas si fin.
La sorcière, réveillée par la brise,
En fit part au renard, médusé,
Désabusé, en pleine crise
Et en prise aux pires angoisses.
La sorcière crie à la poisse,
Peste de s'être laissée abuser
Et accuse le renard de méprise.
Le renard s'en va d'un air frivole,
La sorcière dépouillée, s'envole,
La fourmi, alerte, doucement rigole.
Cyril Suquet, Mars 1998 ©.
(Extrait du recueil « Entre ciel et terre»)

L'escargot Oscar
Dur, dur
De sortir de sa carapace
Et de se frayer un chemin.
Qu'est-ce qu'il endure !
Il faut que sa tête passe
Et qu'il s'entête jusqu'au lendemain
A la découverte de feuilles.
Quelle salade !
Oscar, le petit escargot
En est malade
De glisser comme un nigaud
Et d'échouer sur l'herbe, en deuil.
Ses amis rampants à la tête dure,
En bavent de plaisir
Et se moquent à loisir
De son allure.
Oscar en a marre
De tous ces escargots
Qui rigolent à gogo
Près de la mare.
Que de ragots !
Pour sûr,
Il n'en fait cure
Et cherche sans faim le magot.
Sa fiancée Margot
Est sa seule complice
Face au supplice
Que représente cette vie d'escargot.
Oscar désire partir
Et fuir ces dos à bosse
Car il ne veut plus être le martyr
De ces salles gosses.
Il y a, certes, un os
Que faire de sa bosse ?
Le petit escargot de la Beauce,
Fier comme un coq,
Achève son calvaire.
D'un d'un geste autoritaire
Il se libère de sa coque
Et jette son habit de fortune dans la fosse.
Sceptique, Margot
Le suit dans son drôle de voyage
Et arrivés à bout de souffle sur une plage,
Embarquent sur le premier cargo.
Oscar, le révolutionnaire
N'est jamais réapparu sur ses terres d'origine.
Il a renié sa vie d'escargot
Pour un bonheur solitaire
Et une fin que l'on imagine
Auprès de sa reine Margot.
Cyril Suquet, Mars 1998 ©.
(Extrait du recueil « Entre ciel et terre»)

Jacquot le perroquet
Moi, Jacquot qui n'était plus à la fleur de l'âge,
Comme le bel Étienne
Qui ronflait comme un sauvage,
J'étais ébahi par le parfum de sa voix.
La rivière de mots qui s'écoulait au vert,
Et s'envolait jusqu'aux nuages,
La magie noire du vers,
Un vrai pied de nez aux poètes !
L'autre jour, en fin d'après-midi,
Me promenant l'esprit au ras des pâquerettes,
J'ai redécouvert la féerie du verbe,
Par la voix d'un compteur d'opérette,
Un poète en herbe.
Depuis cette rencontre peu banale,
Je ne pense plus qu'à la poésie
Et aux vers enchanteurs de l'animal.
Ils me réveillent la nuit et je me surprends
A les répéter en plein sommeil.
Dès que mon filleul,
Épris par son désir de sieste
Me laisse le loisir de m'évader,
Je cours, je respire,
Je m'envole à mon pèlerinage.
Je le guette et l'attends comme un enfant,
Caché derrière le feuillage.
Je viens écouter à l'ombre des tilleuls
Le récital du perroquet.
Il enchaîne de tête
Des vers, des vers, encore et toujours des vers
Jusqu'à temps que l'autre jour,
En fin d'après-midi.
L'autre jour, en fin d'après-midi,
A l'ombre des tilleuls,
J'ai assisté avec mon brave filleul
A une scène peu banale.
Un perroquet récitait à tue-tête
Et sans le moindre complexe, des petits poèmes.
Pour une veine,
Moi, Jacquot, qui suis un admirateur de Verlaine,
j'étais à la fête !
J'avais posé par terre ma laine
Et j'écoutais d'un oeil attentif
Cet oiseau rare.
Il était peu avare
D'alexandrins et de quatrains
Le diable !
Il en sortait de partout,
Parfois sans queue ni tête,
De son bec, de son regard
Et même de son plumage.
Ses envolées lyriques
Me laissaient sans voix,
Je lui tirais mon chapeau !
L'autre jour, en fin d'après-midi,
Allongé sur l'herbe avec le jeune Étienne,
Reniflant les parfums des coquelicots,
Je savourais sans peine
Le flot continu du poète perroquet.
J'admirais le timbre de sa voix
Et la portée de son écho
Dans la silencieuse vallée.
Je restais pensif.
Il nous avait rabaissé notre caquet
Le bougre !
L'autre jour, en fin d'après-midi,
Cueillant des bouquets de glaïeuls,
J'ai vécu une scène géniale
Avec un sacré animal.
Ce perroquet a fait honneur à ses aïeuls
Et pendant une heure m'a tenu en haleine,
Oubliant définitivement mon filleul
Qui baillait comme un cheval.
Cyril Suquet, Mars 1998 ©.
(Extrait du recueil « Entre ciel et terre»)


La grenouille et le chasseur
La grenouille coule des jours paisibles.
Le chasseur roucoule des nuits tranquilles.
Un jour, décidé, le chasseur
dans son grenier, farfouille,
prend ses ustensiles et s'en va pour un dur labeur
à la pêche aux grenouilles.
La grenouille, dans l'eau du marais se mouille
et ne s'attend pas à la visite de son oppresseur.
Tranquille, loin de la ville, elle se débrouille,
vit d'amour et de fraîcheur.
Par une belle nuit, dans la moiteur,
le chasseur s'arme de douilles
Et part à la conquête de l'âme soeur,
en espérant ne pas rentrer bredouille.
Installé dans le marais, le regard inquisiteur,
le chasseur d'un pas léger, s'agenouille
et attend son heure,
dans l'espoir que ça grouille.
La grenouille, sur son étang gesticouille
et passe du bon temps avec ses soeurs,
sans se douter que le tueur,
à l'affût, prépare une embrouille.
Le chasseur, épuisé par les odeurs,
dans l'eau, se rouille.
Désespéré par la nuit qui se meurt,
lui, le héros de guerre, s'endort dans la froideur.
Ouille !
Horreur !
Est-ce un cauchemar ? Terreur !
Il tressaute comme une nouille.
La petite bête a sauté sur sa bouille.
Il sursaute ! Quelle peur
et quel affront de la grenouille.
Son front est en sueur.
Le chasseur bafouille, cafouille,
la grenouille pousse une clameur.
Il tombe en quenouille,
elle nage en plein bonheur.
Cyril Suquet, 1997 ©.
(Extrait du recueil « Arc en ciel»)

Site les Z'écrits de Cyril Suquet, tous droits réservés ©
http://lesecritsdecyrilsuquet.wifeo.com/
Trois de ces contes poétiques sont également édités sur le site de ressources culturelles Philagora
- Mis en scène et en musique par Joëlle Lapasset © -
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